Histoire

Les conditions de prêt au Xe s. av J.C.

Pour Jacques de Saint-Exupéry, en hommage amical

   Dans la Palestine du Roi David, il arrive que la pauvreté oblige un israélite à vendre son patrimoine. Il peut alors compter sur une protection institutionnelle, le go’él (racine: racheter, protéger). Le go’él est un défenseur, un protecteur des intérêts du groupe. À la limite go’él = syndicat. Le devoir du go’él est d’acheter la terre que son proche parent est obligé d’abandonner. Ainsi l’institution maintient la propriété dans la famille.

Lorsque l’Israélite tombait dans la gêne au point de devoir emprunter, il lui fallait trouver assistance dans son clan ou dans sa tribu, qui ne devait pas exiger une redevance par un travail. Car il y a un principe que prescrit le Livre du Lévitique  : « nul n’exploitera son frère ». « Si ton frère qui vit avec toi tombe dans la gêne (…) tu le soutiendras (..) ne lui prends ni travail, ni intérêt » (Lv 25, 35-36).

Les prêts étaient gratuits. Selon le principe qu’on trouve édicté dans le Livre de l’Exode (22, 24). Mais ces dispositions n’étaient envisagées que pour les prêts entre Israélites. La loi du Deutéronome est stricte : on ne peut pas prendre d’intérêt, que ce soit sur un prêt en argent, des vivres ou quoi que ce soit qu’on prête à son frère (Dt 23, 20). L’interdiction du prêt à intérêt entre Israélites avait surtout pour but d’éviter l’aggravation de l’endettement. Il était cependant permis de prêter à intérêt à un étranger (Dt 23, 21). L’intérêt se dit en hébreu nèsèk, littéralement : morsure

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