Histoire

Les angoisses de l'An Mil

Pour Yves Giorello, en hommage amical

    L’arrivée du nouveau millénaire n’a pas la coloration terrifiante que lui prêteront certains ecclésiastiques à la Renaissance. Une chose est de craindre jusqu’à l’angoisse la fin définitive des temps, une autre est d’envisager le futur inscrit dans une visée eschatologique. Celle-ci prédomine en cette fin de Xe siècle, chez les clercs comme chez leurs ouailles. Les Écritures ne sont pas innocentes de cet état d’esprit. L’Apocalypse de saint Jean annonce en effet le relâchement par l’Ange du démon qu’il a enchaîné pour mille ans. Même l’Empereur germanique Othon III va jusqu’à revêtir une pèlerine d’hermine représentant des scènes de l’Apocalypse !

 On cherche dans des signes surnaturels la libération du diable. De préférence dans le ciel. Et voilà qu’en 1014 on repère une comète dont on dit qu’elle allume des incendies sur son passage. Tout monstre qui naît, à l’étable ou dans les chaumières, toute famine, toute épidémie est un signe, comme cette  éclipse qui, en 1033,  épouvante les populations.

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