Histoire

À l’origine de la fête de Pâques

Pour Anita de Saint-Exupéry, avec ma gratitude

   Depuis un bon demi-siècle, les exégètes se penchent à nouveau sur l’étymologie du mot “Pâques”, qu’on a rattaché à l’akkadien, langue sémitique parlée dès le IVè millénaire avant J.-C., à une racine égyptienne, au grec, à l’arabe, à l’hébreu pèsah, Tout cela qui se traduit par les mots “apaisement”, “coup”, ou par les verbes “sauter”, ou “danser”, ce qu’exprime le philosophe juif Philon d’Alexandrie (20-45 AC), pour lequel Pâques signifie : “passer par dessus”. Le substantif serait donc un “passage”.

Les auteurs chrétiens du IIe siècle, tels Irénée de Lyon, Clément d’Alexandrie et Origène, se rapprochent de Philon; et aujourd’hui le mot “Pâques” se comprend comme passage. La Bible invite à “faire la Pâque”, la célébrer. Ainsi s’apprête-t-on à “immoler” la Pâque, à “manger” la Pâque, à “sacrifier” la Pâque”.

Au XIIIe s. av. J.-C., la pâque est une fête agricole qui célèbre le début de la moisson des orges, et le renouvellement de la nature. On immolait un animal, âgé de un an, et l’on aspergeait de son sang les montants de la tente, geste à valeur magique visant à détourner les puissances hostiles. On mange à cette occasion du pain fabriqué avec de la farine d’orge et du levain, pour faire monter la pâte. Cuit sur une plaque de four on lui donne une forme ronde. Il n’est jamais coupé mais toujours rompu, en signe de partage et de communion des convives.   

Le texte le plus ancien qui fait référence à la Pâque religieuse juive est celui d’Ex 12, 21-23. Dès la sortie d’Égypte (sous Séti 1er, ou Ramsès II, ou Menephta), et pour fêter la libération de son peuple, Moïse ordonne aux anciens d’Israël qu’en chaque clan on égorge un agneau ou un chevreau, et que chacun procède au rite du sacrifice, qui n’exige ni sanctuaire, ni autel, ni ministre. La liturgie se déroule dans les maisons.  

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