Histoire

Soutane et bleu de chauffe

Pour Patrick Lajus, en hommage amical

   Au seuil des années 1960, un peu à l’écart des structures paroissiales, un clergé, peu nombreux, qui se présente aux yeux de beaucoup comme marginal, tente de rétablir une présence d’Église dans des régions de plus en plus déchristianisées. On ne les rencontre pas auprès de ceux qui, depuis longtemps, assurent un enseignement scolaire dans des établissements à caractère confessionnel ; ces prêtres se démarquent en  partageant, d’aussi près que leur sacerdoce le leur permet, les conditions de travail et les préoccupations des ouvriers.   

On rencontre ainsi des Jésuites, des Dominicains, qui prennent leur part d’apostolat auprès des dockers de Marseille ou d’ailleurs, tel le Père Jacques Loew, qui quelques années plus tard sera, en 1970, appelé à prêcher la retraite de Carême au Vatican à l’appel de son ami Paul VI.

En cette seconde moitié du XXe siècle, des prêtres, des religieux, se font mineurs, dockers, métallurgistes, en vue d’insérer l’Église au cœur du travail humain. Ils proposent leur service salarié ici et là, dans les entreprises, découvrant alors que le travail marque celui qui l’effectue. C’est bien ce qu’a cherché Simone Weil, à la fin des années 1930, lorsque celle-ci a décidé de partager la condition de la classe ouvrière, à l'usine, chez Alsthom et Renault, avant de proposer ses services à Gustave Thibon, qui la refuse comme fille de ferme mais l’accepte comme ouvrière agricole.

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