L’Évangile n’est pas morphine

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Pour Samuel Mourier, en hommage amical

   Nous avons à vivre l’absolu de l’Évangile dans le relatif d’un temps où la Parole de Dieu, parfois assourdie par le raffut du monde, se retire pour laisser place au silence de Dieu.

Pour l’entendre, ce silence, si l’on veut bien l’entendre, c’est à l’écoute de l’Évangile qu’il faut se disposer. 

L’Évangile n’est pas une morphine. Il nous laisse là où nous sommes. À nous revient l’initiative de le faire entrer dans notre existence. À partir de ce moment il ne cesse pas de témoigner, par sa force même, par l’Événement qui en est la source, l’Événement géniteur, que le relatif n’aura jamais le dernier mot.

L’Évangile se manifeste là où nous sommes, dans le relatif. Ni la mort, ni même le désespoir n’auront jamais plus le dernier mot.

Dans sa seconde lettre aux Corinthiens, Paul parlant des chrétiens leur écrit que “nous sommes tenus pour des imposteurs, et pourtant véridiques; inconnus et pourtant bien connus; moribonds et pourtant bien vivants; châtiés mais pas exécutés; attristés mais toujours joyeux; pauvres, mais possédant tout.” Voilà le paradoxe de l'Évangile.

Les chrétiens sont comme tout le monde, dans la pauvreté, dans la tristesse, dans les attaques qui viennent de partout, tenus pour des naïfs, des attardés ou des

imposteurs. Les chrétiens peuvent être assurés de ne pas y échapper.  Mais le dernier mot c’est que les chrétiens vivent, toujours joyeux, possédant tout. Car l’Évangile ne peut être à demi solide, à demi pertinent, à demi significatif, à demi eschatologique. L’Évangile est absolu.

 

Gérard LEROY, le 2 janvier 2015