La lumière luit dans les ténèbres...

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À Françoise, Scholastique, Brigitte, Marie-Cécile, Anne-Marie, Annick, Monique, Suzanne, Bernadette, Marie, Marie-Thérèse, Marie-France, Carmen, Éliane, Jeanine, Thérèse, Alain, Philippe, et à toutes ces personnes qui font cet admirable travail de pastorale
   Dans le temps où nous sommes, il faut prendre son parti, que les philosophies et les sciences humaines, qui sont les produits culturels dans lesquels l’homme tend à s’interpréter totalement, ne sont pas, de nature, des partenaires d’un témoignage chrétien. Aux enseignants de la pastorale de ne pas céder au défaitisme. Aux croyants de proclamer qu’il y a dans l’homme des espaces disponibles pour l’Évangile et d’en décoincer l’ouverture. Et d’ajouter que si les sciences humaines ne peuvent témoigner des possibilités de dépassement dans le sens de la transcendance, cela ne contrarie en rien le témoignage que les croyants peuvent porter à partir de leur expérience.

Nous sommes mêlés, qu’on le veuille ou non, aux tâches qui s’imposent à nous dans la conjoncture culturelle. Il ne s’agit donc pas de nous retirer des débats des sciences humaines ou philosophiques quand partout les hommes s’interprètent. Il s’agit en revanche de se pencher avec sérieux sur les propos anthropologiques contemporains qui affirmeraient que l’Évangile n’est pas affaire d’homme mais une sorte de supplétif, à ranger parmi les tranquillisants.

Il nous faut repérer les absences dans l’exploration de l’humain et témoigner de notre propre expérience. Les sciences humaines sont le lieu où les croyants trouvent les matériaux pour s’expliquer, dialoguer de façon intelligible avec la culture de leur temps. À partir de là il leur est possible de rendre compte de la rencontre de l’Évangile et de l’homme.

L’avenir et son sens qu’on voudra promouvoir chez nos enfants se laisse découvrir avec l’élargissement de nos horizons. Ce qui est important n’est pas d’abord de transmettre des connaissances mais d’éveiller les consciences, éveiller la curiosité, l’étonnement, l’émerveillement, et l’envie de développer tout cela en apprenant.

Il ne s’agit pas d’accumuler des récits vagues et ennuyeux sur les futilités de nos existences. Il s’agit de vivre nos expériences par lesquelles on s’arrache à soi-même, car on n’est pas disponible pour découvrir un sens à sa vie quand on est trop préoccupé de soi-même.

Deux éléments cruciaux participent à l’élargissement de l’horizon : la connaissance et l’amour. Par l’arrachement de soi, le décentrement de soi, la sortie de soi, nous jetons un pont entre la connaissance et l’amour. “Si Dieu ne peut être connu, Jésus peut être aimé”. Avec le Christ, l’impossible savoir s’est changé en amour, n’est-ce pas ?

Gérard LEROY, le 22 décembre 2012