Les grandes heures d'Israël avant l’ère chrétienne

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Pour Gabriel Setruk, en hommage amical

   L’État d’Israël est attesté seulement à partir du IXe s. BC. et désigne ce territoire appelé jusqu’alors Palestine, forme latine dérivée de “Philistins”. Ce peuple d’origine crétoise, arrivé au XIIe s., est repoussé au bord de la mer, vers ce qu’on appelle aujourd’hui “la bande de Gaza”. Ces gens fondèrent plus au nord Askelon et Ashod. La “Palestine” est alors le territoire qu’ils désignent et qui correspond au pays de Canaan. Du Xe s. BC. jusqu’à l’arrivée des Romains, autrement dit de Salomon jusqu’à César, Canaan s’est appelé “Palestine” (1).

Au VIIIe s. Israël désignait alors la partie nord, avec pour capitale Samarie, Juda étant au sud avec sa capitale Jérusalem, Moab à l’est de la Mer morte, Edom au sud de la Mer. Les royaumes du Nord et du Sud, séparés en 933, perdirent leur autonomie après la chute de Samarie prise par les Assyriens, en 721. Les Babyloniens prirent plus tard le relais des Assyriens.

La déportation du peuple juif à Babylone, sous la bannière de Nabuchodonosor, se déroule en 587. Le Perse Cyrus libère ce peuple de cet exil en 538 tout en le maintenant sous sa domination. C’est ensuite le tour d’Alexandre le Grand en 333, puis celui des Séleucides de Syrie de soumettre Israël. Le roi Antiochus Épiphane, roi de Syrie (175-164), tente à son tour d’éliminer la religion juive en contraignant le peuple à l’acculturation hellénistique et en pourchassant les adversaires de son projet. Ce gouverneur intolérant et ambigu, avait cru du meilleur goût d’installer un autel à un dieu païen dans le Temple de Jérusalem, et d’interdire la circoncision. Les juifs se révoltent, emmenés par la famille des Maccabées qui l’emportent, et permet l’indépendance de la Palestine de 142 à 63 BC. Le général Pompée y met fin en s’emparant de Jérusalem en 63 BC.

La Palestine est alors occupée par les Romains sous la conduite de leur vassal Hérode le Grand (40-4 BC), désigné “roi des Juifs” en 40 BC, ce qui n’était pas du goût des Juifs d’être commandés par un non-juif, né d’une mère arabe et d’un père iduméen. À la mort d’Hérode le Grand, en -4, l'Empereur Auguste offre aux fils d'Hérode de lui succéder et de se partager la Galilée, la Samarie, la Judée, l’Idumée, et autres provinces de l’Empire.
 
César avait exercé sa dictature personnelle jusqu'à sa mort en 44 BC, avant que le gouvernement républicain devienne progressivement une monarchie absolue. Du Rhône à la vallée de l’Indus, tout est placé sous l’autorité de Rome.

Plus tard, en l'an 66 de notre ère, éclatera une violente révolte menée par les résistants zélotes contre les Romains qui installeront un gouvernement insurrectionnel à Jérusalem. Titus maîtrisera la révolte qui aboutira à la chute de Jérusalem en 70 (2). Dès lors les juifs se dispersèrent un peu partout dans le monde. La diaspora ne s'est pas figée à Babylone.

 

Gérard LEROY, le 2 février 2013

  1. selon la Bible, les dépenses fastueuses de Salomon poussent à la révolte. Son fils Roboam règne sur deux des douze tribus issues de la descendance d'Abraham : Juda et Benjamin. Jérusalem est la capitale du royaume de Juda. Au nord de la Palestine, les dix autres tribus portent Jéroboam sur le trône. Samarie devient la capitale de leur royaume  Israël.
  2. cf. Flavius Josèphe, La guerre des juifs contre les Romains.