Marie enfante à Bethléem ...

Version imprimableSend by email

Pour Madeleine, que j'embrasse très fort

   Le crépuscule descend sur le bourg de Bethléem. Un jeune homme, costaud mais fébrile, frappe à la porte des maisons. 

- « Pardonnez-moi, je n’ai trouvé de place dans aucune auberge et mon épouse ressent très fort les douleurs de l’accouchement, n’auriez pas...

- Traversez donc la rue. En face il y a une mangeoire. Au moins, là, elle sera au chaud, votre femme. Je cours chercher du secours auprès de ma voisine. Elle a l’habitude... »

Joseph alla récupérer Marie qu’il avait abritée sous un préau. Tous deux se firent une place au milieu de quelques vaches regroupées dans cette grange parfumée de foins, Joseph alla quérir du linge propre et une bassine d’eau claire. 

Que sont-ils venus faire à Bethléem ces gens qui résident en Galilée, à trois jours à dos de mulet ? C’est que l’Empereur romain Auguste a projeté « de recenser tout l’univers », autrement dit tout l’empire. « Tous partirent se faire recenser », chacun dans sa ville natale. Joseph, qui vivait à Nazareth, se rendit donc avec Marie, qui était enceinte, se faire recenser à Bethléem, « parce qu’il était de la famille de David ». 

Cette nuit-là, Marie mit au monde un petit Yehôchûa. C’est le prénom que lui ont donné ses parents, en hébreu, un prénom qui se traduit par « Jésus », en Français. 

Des bergers rentrant des champs passèrent devant la mangeoire. L’agitation des femmes dans l’étable retint leur attention. Ils prirent peur un instant. Un instant seulement, car une voix venue d’on ne sait où les rassura : 

- « Là où vous êtes vient de naître le Messie que tout le peuple d’Israël attend, le Sauveur du monde ». 

Il se fit comme une grande symphonie autour des bergers. Si troublés qu’ils fussent, leur curiosité fut plus forte que leur crainte et ils entrèrent dans la grange, découvrant qu’autour d’une femme à demi-allongée, se tenant sur ses coudes, on s’affairait à emmailloter un nourrisson encore tout englué. Elle le berçait dans ses bras et lui soufflait tout bas : « Mon enfant, mon petit ». Elle se remémora tout-à-coup les paroles de l’Ange et se dit en elle-même : « cette chair divine, elle est de moi, il a mes yeux, il me ressemble. Il est Dieu et il me ressemble... » 

 

Gerard Leroy, le 23 décembre 2018