Philosophie

De la traduction et de l'interprétation

Pour Dominique Leviel, en hommage amical

   Le Nouveau Testament, ce fut l’acte d’interprétation de la première communauté chrétienne. Ce texte demeure normatif pour le témoignage de l’Eglise aujourd’hui, mais il s’agit de le traduire aujourd’hui, dans ce nouveau contexte historique, de telle sorte que ce texte lu comme libération de l’être humain et rencontre avec Dieu, débouche sur une expérience de salut. 

Il y a une analogie entre la fonction du Nouveau Testament dans la primitive Eglise et le surgissement de ce témoignage dans l’Eglise et les sociétés contemporaines. Avec la garantie du même Esprit, celui du Christ toujours vivant, la continuité du témoignage n’est pas dans la répétition mécanique d’une doctrine identique, mais dans l’analogie entre deux moments d’interprétation. Car c’est une illusion de croire qu’il est possible de re-répéter le langage traditionnel de la foi en se contentant lâchement de l’adapter aux goûts du jour. Il n’y a pas de transmission réelle de la foi sans interprétation. Il y a un discernement à opérer sur le contenu du message, à distinguer ce que les linguistes ont appelé le référant comme le concept, et le signifiant, comme l’image qui surgit d’un mot. Et le signifiant ne peut être porteur de la visée permanente du message qu’à la condition d’avoir été discerné dans sa contingence.

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