Philosophie

Le rite, ce geste qui offre à la vie d’être dansée

Pour Martine Alaux, en témoignage de reconnaissance  

   L’horizon, sur le coup de midi, vibre d’une ondulation semblable à une corde de guitare. Au zénith, les nuages s’écartent pour laisser filtrer quelques rayons. L’espace indéterminé s’emplit de chuchotements. Le mythe est là, presque sensible. Qui entend des oracles se met à parler, pour tous les hommes, par-delà l’horizon. Et les hommes balbutient un langage pour être reliés à l’inatteignable invisible. Ils créent des mots, la musique et l’outil. Ils instituent des rites, ces gestes qui célèbrent des mythes.

Les hommes fêtent et célèbrent, dans un élan collectif, tendu vers la divinité. Chacun est fondé par la conscience sociale et la loi du groupe. Tous les participants font corps, chacun participe au revêtement d’un unique squelette que tous enveloppent d’une peau miroitante de ses multiples tatouages dont il fait sa parure. 

Le rite convoque, rassemble, frontiérise son espace et son temps. Le temps est tout entier à l'intérieur de chacun de ses fragments. Comme l’éternel retour il transforme l’instant en nouvelle origine, comme la nuit de la Saint-Sylvestre, qui clôt et ouvre. Le rite opère une coupure nécessaire dans le temps chronologique. Le rite réactualise le mythe. 

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