Philosophie

Le salut : républicain ?

   À la fin du XIXe siècle, la République étant devenue un fait institutionnel se cherche un esprit. Cet “esprit républicain” se caractérise lui-même par la liberté de penser, et se développe dans un climat de tension et de lutte qui prépare la séparation de l’Église et de l’État.

Cette liberté de penser, antérieure à l’esprit républicain qui se l’approprie, reprend le courant anti-dogmatique des Lumières, que renforce l’Église catholique emmenée par Vatican I. En revanche on décèle un certain nombre de connivences entre la philosophie laïque et le protestantisme libéral que représente, en France, Auguste Sabatier, disciple de Schleiermacher, qui professe que la foi est essentiellement “émotion, sentiment”. On retrouve dans les deux courants une image assez semblable de la personnalité de Jésus et de son rôle dans l’histoire.

Éclatent les deux guerres mondiales qui bouleversent les idéologies. Excepté sans doute Paul Valéry, les penseurs français n’ont pas conscience de la crise de civilisation consécutive à la première guerre. Quand arrivent les années trente, les Maritain, Mounier, Fessard se placent à l’avant-garde de ce mouvement de réflexion sur la crise. Avec eux, émerge alors, au sein de la perspective chrétienne, le problème du salut temporel de l’homme.

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