Restauration de la basilique Saint-Augustin à Hippone : encore un petit effort

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   Un chantier qui appelle un dernier effort... pour un grand succès dans quelques mois.

A l’approche de cette fin d’année 2012, le chantier entre dans sa dernière phase de travaux. Le grand mouvement du haut vers le bas, et du chevet vers le porche, touche à sa fin et va s’achever avec l’échafaudage et la restauration du porche et de ses deux tours-clochers.

En extérieur, en effet, le travail sur les toitures, avec leurs nombreux dômes, et sur les façades principales de la basilique est terminé. En revanche, il reste un travail important et délicat du côté du porche.

En intérieur, le chantier est également bien avancé. Le volume de la tour lanterne est terminé. Une grande plate-forme a été mise en place en partie haute de la nef, à la base des vitraux, pour faciliter la repose des vitraux, la consolidation de toutes les rosaces du plafond à caissons avec le remplacement de certaines d’entre elles, et la réfection des peintures murales endommagées. Celles-ci, dans les parties les plus délicates mais aussi les plus endommagées, ont nécessité un travail de restauration très spécialisé.

La restauration des vitraux est également très avancée, et toutes les verrières seront restaurées et reposées avant la fin de l’année 2012. Le maître-verrier, Jean-Bernard Dhonneur, s’émerveille lui-même de ce que chaque vitrail du cycle des vitraux de la vie de Saint-Augustin, comporte 4 000 soudures de plomb à réaliser, alors que les vitraux courants n’en comportent que 1 400 à 1 500 ! C’est dire la finesse et la richesse chromatique de ces vitraux. La réfection de l’électricité, avec une belle mise en lumière de l’architecture de la basilique est également en cours et sera achevée en fin d’année.

Reste le travail important et difficile à mener pour restaurer le porche et les deux tours- clochers. Échafauder une haute tour réserve toujours quelques surprises, et ici les tours-clochers sont particulièrement hautes puisqu’elles atteignent 44 m de haut ; elles sont plus élevées que la tour lanterne qui culmine à 36 m. Et une fois l’échafaudage de la première tour installé, sur la tour-clocher gauche, nous avons effectivement rencontré deux surprises.

Nous étions préparés à la première, car ce type de construction comporte toujours des armatures en métal cachées dans la pierre. De fait, ces armatures ont été repérées une fois que l’échafaudage a permis d’atteindre les parties hautes de la tour. L’entreprise devra donc procéder à la dépose d’un rang de pierre, à grande hauteur, pour accéder à la ceinture métallique qui encercle la base du dôme de la tour. Cette ceinture, très corrodée, sera préservée contre la rouille, puis l’assise en pierre devra être retaillée et remise en place.

La seconde surprise est plus inhabituelle. En effet, elle proviendrait d’un événement climatique ancien que nous commençons à peine à préciser. Nous avons d’abord découvert que l’angle le plus intérieur de la tour clocher gauche n’était plus en pierre sur plusieurs mètres de haut, mais qu’il avait été remplacé par de la maçonnerie, marquée d’une date de réfection en mai 1956. Nous avons alors trouvé, dans les archives, une cause vraisemblable, qu’il faudra confirmer : le 6 février 1956, une tornade serait passée sur Annaba et la foudre serait tombée sur la basilique. Cette explication éclaire une deuxième interrogation que nous nous étions faite plus tôt, lors des travaux sur l’intérieur de la nef.

Ce travail de restauration du porche et de la tour-clocher gauche sera l’essentiel des travaux du dernier trimestre de l’année 2012 et le chantier, si la météo est favorable dans les mois qui viennent, pourra donc se terminer comme prévu en fin du premier trimestre 2013.

Xavier David
Architecte maître d’œuvre