Théologie

L’Un est en l’Autre

Pour Aurélie Lebouc, en hommage amical

   Si chacun est constitué du caractère de ce qui a son principe en soi, l’un est Père, l’autre Fils, et il y a donc, selon Athanase, immanence (i.e. le caractère de ce qui a son principe en soi-même), immanence réciproque du Père et du Fils.  

Cette notion d’immanence réciproque, tirée de l’Écriture par Athanase, nous permet d’entrer plus avant dans le mystère de la Trinité, si l’on veut bien accepter l’analogie dans l’ordre des êtres créés. Pour mieux comprendre l’immanence réciproque prenons la comparaison avec l’amour. 

L’amour tend à faire que deux êtres soient “un” tout en restant “deux”. L’amour est en quête de transparence, en quête de l’interpénétration, de la fusion des deux êtres pour se réaliser, se heurtant toujours à cette limite du corps, qui individualise. L’amour trouve sa joie suprême à donner la joie à l’autre. L’amour a vocation à donner, et à donner la joie, et à puiser dans la joie de l’autre sa propre joie. Mais là encore le corps limite la quête, en empêchant de rejoindre parfaitement l’autre et sa joie. 

Le franchissement de la limite imposée par le corps, l’unité dans la dualité respectée, tout cela que le chrétien ne peut réaliser, constitue cependant ce vers quoi il tend de toutes ses forces. 

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