Théologie

La pierre a roulé...

Pour Sophie Clarke, avec mes félicitations

   Sans faire de bruit, la résurrection de Jésus se frayait un chemin dans la vie des hommes comme le réveil qui dissipe les rêves et secoue la torpeur du sommeil. Ses disciples sortent de la nuit de l’incrédulité où les avait plongés sa mort, ils retrouvent l’usage de la parole et osent quitter l’enclos où ils se cachaient pour annoncer aux foules, qui le conspuaient la veille, qu’il était revenu à la vie auprès de Dieu. Paul le rencontre sur la route de Damas et, embrassant la cause qu’il rêvait de détruire, comme quelqu’un que la lumière d’un jour nouveau arrache violemment aux ténèbres de la nuit, le voici qui s’affranchit des traditions de ses pères et proclame que la promesse qui leur avait été faite venait de s’accomplir, mais au bénéfice de toute l’humanité. Et le voici transporté sur les routes des nations païennes, colportant partout la stupéfiante nouvelle, non comme l’un de ces faits merveilleux dont la crédulité des païens était friande, mais comme une réalité intérieure dont ils pourraient faire eux-mêmes l’expérience, béatifiante quoique exigeante : Vous qui étiez morts, esclaves de vos passions, asservis au culte des démons, dit-il aux païens convertis, vous êtes maintenant déjà ressuscités avec le Christ par la foi en lui, assis à ses côtés auprès du Père et vivifiés par sa vie (Eph. 2,1-8), si du moins vous acceptez de passer par où il est passé et de mourir avec lui, c’est-à-dire de mourir au péché (Rom. 6, 5-11). Le péché, c’est ce qui asservit et divise, c’est l’égoïsme qui enchaîne l’esprit aux convoitises de la chair et engendre volonté de domination, exclusion, haine ; faire l’expérience anticipée de la résurrection, c’est vivre dans la liberté de l’esprit, l’union et l’égalité fraternelle (Gal. 5,13-25).

Pages