Vatican II – La Constitution Dei Verbum

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Pour Marie-France Cals, en hommage amical

   Nous avons affaire à une conception événementielle de la Révélation.

Première étape : Dieu Père veut susciter une Alliance, une communion. Dieu a un projet inspiré par l'Amour (D.V. n° 2 : partager sa propre vie).

Deuxième étape : Dieu se révèle en s'insérant dans des séquences de l'histoire et en séquences porteuses d'une nouvelle signification. (Dei Verbum : "Les paroles publient les œuvres (événements) et éclairent le mystère qu'elles contiennent"). Exemple : Exode : Dieu a assumé cet événement de libération et y a inséré une signification nouvelle. Il a en quelque sorte dit : "Je vous ai fait sortir d'Egypte, je vous ai constitué comme rendant Peuple, je suis votre Sauveur, votre Dieu; je vous conduirai encore plus loin et vous verrez quelle libération je vous accorderai". 

Les prophètes ont la charge de déclarer que tel événement est un Evangile, c'est- à-dire qu'il est un événement divin, porteur de signification heureuse pour le Peuple.

Troisième étape : Jésus n'est pas seulement le Prophète par excellence, Celui qui est capable de dire la signification dernière des événements vécus par Israël tout au long de son histoire. Il est lui-même la plénitude de la Révélation (D.V. n° 4). Dieu a révélé son projet et donc son Être, en réalisant en Son Fils l'Alliance entre le Ciel et la terre. À travers ce que Jésus a vécu et fait, de l'Incarnation à la Pentecôte, nous découvrons les intentions de Dieu à l'égard des hommes et de l'histoire, ainsi que l'identité paternelle de Dieu.

Remarque I : Par l'Incarnation et la Résurrection de son Fils, Dieu a montré, révélé d'une manière indépassable, sa Volonté d'être avec les hommes. Certes, il sera possible d'élucider, d'explorer plus totalement le contenu de cette Révélation, mais on ne pourra rien y ajouter.

Remarque II : "La Révélation est terminée" mais cela ne signifie pas que tout aurait été dit, mais que l'événement révélateur est irréversible, non réitérable, et déjà eschatologique. En Jésus-Christ l'initiative révélatrice de Dieu a été portée à son terme.

Quatrième étape : La Tradition est vivante. L'Esprit-Saint rend la communauté (et particulièrement certains de ses membres) capable d'accueillir, de garder et d'exprimer la Parole de Dieu incorporée en Jésus-Christ "Souviens-toi..." c'est-à-dire, souviens-toi, prends conscience et rappelle-toi ce que Dieu a dit dans ce qui s'est passé dans l'événement Jésus-Christ, et dis-le au monde. L'Eglise porte en elle le souvenir pour aujourd'hui de ce qu'a été Jésus-Christ (plénitude de la Parole de Dieu), la capacité de discerner ce que signifie cet Événement, et la capacité d'exprimer de toutes façons ce qu'elle porte au fond d'elle (D. V., n° 8). La Tradition est mémoire, conscience et expression garantie.

Cinquième étape: Le service de la Parole revient à L'Eglise, qui, comme corps prophétique, dit Jésus-Christ, de diverses façons : l'enseignement, le témoignage, les signes de l'existence, la confrontation avec le monde, la sainteté, les signes liturgiques, etc. Pour dire Jésus-Christ, l'Eglise doit être "Parole parlante" et pas seulement "Parole parlée". L'Ecriture, qui pourrait paraître une Parole refroidie, est toujours précieuse au point d'être pratiquement irremplaçable. À certain stade de sa conscience et de sa mémoire, l'Eglise a, en effet, mis par écrit sa Parole parlante. Le Nouveau Testament est la mise par écrit de toute une Eglise parlante de Jésus-Christ. D'où la priorité accordée aux Evangiles (Dei Verbum n° 18) : "Entre toutes les Ecritures, les Evangiles possèdent une supériorité méritée".

Certes, les Écritures sont elles-mêmes datées et culturellement limitées, mais quand elles sont lues et interprétées par la communauté croyante d'aujourd'hui, elles redeviennent un message vivant.

Bref, diffuser la Parole consiste à mettre en état d'écoute et de recherche de la Parole de Dieu, et à approfondir de génération en génération la scrutation de l'Evénement Jésus-Christ, pour y découvrir davantage le message que Dieu y a mis une fois pour toutes.

Gérard LEROY, le 13 novembre 2017