À Mark Zuckerberg, PDG de Facebook

   Les réseaux sociaux ont propagé la rumeur selon laquelle et en référence à la fable, les Roms étant des voleurs de poule, on est assuré qu’ils volent aussi des enfants. Les rumeurs sont millénaires. Au Moyen-Âge, on disait déjà que les Juifs sacrifiaient un bébé pendant la cérémonie de Pâques. Convaincu de l’impunité du geste qu’ils croient purificateur, des voyous ont alors organisé le massacre imbécile de tout ce qui bouge et ressemble à un tzigane. 

Un journaliste vous a demandé si vous n’aviez pas l’aptitude d’empêcher ce pogrom en stoppant ce fake news. « Ça ne nous a pas été signalé » avez-vous répondu ! J’imagine que si vous apprenez que vos enfants sont l’objet de rixes racistes à l’école, vous n’interviendrez que « si ça vous est signalé ».

Vous avez favorisé ce stigmate antérieur dans l’inconscient collectif qui conduit à des gestes terribles qui traduisent ce que Freud appelait « l’inquiétante étrangeté de ceux qui ne sont pas comme vous ». L’indigence culturelle, la montée du populisme, l’immense naïveté de ceux qui sont gangrenés par la paresse intellectuelle, favorisent l’anarchie bête et méchante et alimentent les tweets et les échanges que votre irresponsabilité ne fait que renforcer.

La tâche est d’enseigner aux jeunes comment vérifier les incertitudes, et comment les traiter de manière raisonnée. Nous avons, vous avez à enseigner l’élucidation des faits plutôt qu’à fermer lâchement les yeux sur leur propagation incontrôlée.

Vous entendrez les indignations. Elles sont stériles. Je ne m’indigne pas. Je vous condamne pour indignité.

Gérard Leroy, le 28 mars 2019

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