Pour Julie Dumont, en hommage amical
Luc est originaire d’Antioche. Il est connu comme médecin, célibataire, disciple des apôtres et de Paul en particulier. Il est mort à 84 ans, en Béotie, Région centrale de la Grèce continentale.
Luc a été nommé collaborateur auprès de Paul et Marc. Dans l’épitre aux Colossiens Paul écrit : « Vous avez les salutations de Luc, notre cher médecin, et de Démas » (Col 4, 14). Irénée a déclaré que l’auteur Luc faisait partie du groupe participant à la mission de Paul. Luc est resté fidèle aux collaborateurs de l‘apôtre jusque dans sa captivité romaine.
D'après ce que lui ont transmis ceux qui furent dès le début les témoins oculaires de l’Événement original il a paru bon à Luc de commencer à s’ informer soigneusement de tout, « avant d’en écrire pour toi, un récit ordonné Cher Théophile » (Lc 1, 4). C’est au nord du Péloponnèse que Luc a écrit les Actes des apôtres.
L’attribution à Luc du troisième Évangile a été adoptée au IIe siècle. Dans un traité d’Irénée de Lyon, écrit vers l’an 180, on lit : « Luc, le compagnon de Paul, a consigné dans son livre l’Évangile que Paul prêchait »(1). Autour de l‘an 200, un texte émanant de l’Église de Rome précise : « Quant au troisième évangile selon Luc, c’est donc Luc, un médecin que Paul a pris avec lui après l’Ascension du Christ, comme un passionné de droit, qui la rédigé sous son propre nom et selon sa conviction, car il n’a pas connu le Seigneur de son vivant, et selon toutes les informations qu’il a obtenues commença son récit à la naissance de Jean. »
L'auteur appartient à la troisième génération chrétienne après la mort de Jésus en l’an 30. La composition de son œuvre doit donc être datée des années 80. Il se base sur une information exhaustive remontant à l'origine des évènements. Il écrit dans un langage châtié ; son grec est irréprochable selon les exégètes qui le comparent à la langue des classiques grecs. L’auteur a une connaissance pointue des Écritures qu’il cite dans la version grecque de la Septante. Si Luc était juif il a cependant une médiocre connaissance des rites juifs. En revanche il a une excellente culture gréco-romaine.
Il appartenait à la mouvances des « Craignant Dieu », intéressés par la tradition juive. Son Évangile s'ouvre par le récit de l'enfance (Luc 1,2) qui construit l'image d'un milieu juif pieux où naissent Jean-Baptiste et son cousin Jésus. Luc est attaché à la judéité, à l’ouverture à l’universalité, rendant évidentes les marques de sa double culture.
Géard Leroy, le 28 novembre 2025
- Irénée de Lyon, Contre les hérésies, 3, 1,