Foi et conversion écologique

Pour Marie et Edwige, mes filles chéries

   C’est le tour de force du pape François, dans l’encyclique Laudato si’, de faire la synthèse de toutes les pensées “vertes”  déversées depuis un demi-siècle. 

En parlant de “conversion écologique”, l’encyclique offre une visibilité et une autorité sans précédent aux idées écologistes et altermondialistes. Elle fait grincer des dents les conservateurs américains, comme la Tea Party de Sarah Palin, elle favorise la jonction entre les milieux politiques et intellectuels qui s’ignorent depuis des lustres, elle re-stimule la foi en l’humanité.

Le défi qui nous est lancé passe par la prise de conscience de la solidarité à l’échelle mondiale. La réforme du système économique qui prend l’eau n’est pas l’exclusive de nos efforts. Il y a la lutte pour les droits de l’homme dans les pays émergents, comme il y a la lutte pour la défense des droits de la Terre. Le théologien allemand J. Moltmann a même parlé d’une justice écologique.

Les pouvoirs de la science nous ont ouvert des voies insoupçonnées il y a un demi-siècle, mais qui ne sont pas sans danger. La question clé c’est la maîtrise rationnelle de l’homme. Comment prévenir les effets pervers de ce que nous expérimentons aujourd’hui comme progrès (n'est-ce pas Marie) ? Comment faire que la terre soit encore habitable par les générations futures ? Dans son Principe de responsabilité J. Habermas nous convoque. C’est toute la question de l’auto-limitation du pouvoir humain qui se pose.

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