L’enjeu théologique d’une lecture fondamentaliste

Pour Bruno, avec mon affection

   Le véritable enjeu théologique d’une lecture fondamentaliste de l’Ecriture, c’est la méconnaissance de la nécessaire approche herméneutique qui est engagée dans toute lecture d’un texte, qu’il soit inspiré ou non. La lecture la plus objective d’un texte peut toujours susciter une pluralité d’interprétations. Le fondamentalisme, qu’il soit protestant ou catholique, est caractérisé par un refus de l’herméneutique. Sous prétexte qu’il est révélation de Dieu, un texte inspiré, aussi obscur soit-il, doit être porteur d’un sens, directement accessible. L’idée qu’un texte de l’Ecriture ne prenne son sens qu’à la lumière de l’ensemble des Ecritures, et qu’il relève de plusieurs lectures, n’effleure pas le tenant d’une lecture fondamentaliste. Accepter de reconnaître que l’on ne peut croire qu’en interprétant, c’est-à-dire en vertu d’une naïveté seconde qui est passée par l’épreuve de la critique, c’est déjà tomber dans le scepticisme.

Interroger les récits bibliques pour les passer au crible de la critique textuelle, herméneutique, permet d’accéder à une vérité signifiante plus importante que le support historique. En passant par la démythologisation des mythes bibliques (cf.  la construction de la Tour de Babel en Gn 11) on découvre que la signification de la vérité reste impossible à dire d’un simple point de vue scientifique ou philosophique, impossible à transmettre « sans le secours, le détour du symbole et du mythe » (Paul Ricœur).

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