De la démagogie à la responsabilité

Pour Jackie et Louis Dolcemascolo, affectueusement

   La démagogie connait bien sa partition : elle active la peur. La chose est aisée : il suffit que les classes moyennes craignent d’être rongées, que la mondialisation diabolisée continue de dissoudre les particularités culturelles, que les migrants viennent bousculer l'homogénéité de nos sociétés et nos sacro-saintes « valeurs » etc. Il faut encore avoir peur du populisme de droite, de ses technocrates, de son nationalisme que menacerait Bruxelles. Alors on convoque le peuple, contre les élites remplacées par de nouvelles élites, qui prétendent parler au nom du peuple. Le peuple est mis en garde vis vis de ces nouvelles élites, qui ont l’art d’être dissimulées. Facebook en est un exemple, qui permet d’agir sur des minorités qui peuvent faire basculer une élection (cf. la Russie finançant sans vergogne des partis d'extrême droite). « Presque tous les tyrans ont commencé par être des chefs de parti populaires qui s'attiraient la confiance du peuple en attaquant les notables. » Marx avait lu Aristote !

Nos démocraties, disons-le, sont en danger à mesure que le peuple est manipulé par des « chefs » qui se voudraient les « vrais » représentants de la démocratie. On joue du peuple contre le peuple. Contre le bien commun. Ainsi se justifient les critiques avancées contre le populisme de gauche ou contre celui de droite.

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