La proposition chrétienne peut-elle être universelle ?

Pour Raphaël Servillat, en hommage amical

   Le christianisme est-il la manifestation propre à une culture ? Le problème s’est posé. La reconnaissance de la relativité culturelle du christianisme servirait-elle d’alibi pour réduire la proposition chrétienne à quelques considérations sociologiques ? Ce serait écarter le fait que l’universalité du salut chrétien repose sur le don de Dieu, et le faire dépendre  d’une détermination de l’être humain, en un lieu et à un moment donné de son histoire. « La théologie chrétienne doit considérer comme une des tâches urgentes de reconnaître l’universel du don, à l’inverse exact de la prétention solipsiste à l’universel de la raison et de la liberté ouvertes. » (Mgr Eyt).

La chance de l’Église catholique aujourd’hui, c’est en effet la prise de conscience croissante de la relativité de la culture occidentale qui fut pendant des siècles la culture dominante de l’Église. À l’heure de la mondialisation, la mission au nom de l’universalité de l’Évangile ne doit pas coïncider avec l’emprise d’une culture dominante.

Reconnaître le don universel de Dieu en Jésus Christ va donc à l’encontre d’une approche de l’Évangile en amont de son inscription dans la culture, mais bien, au contraire, en aval, en reconnaissant la manière dont Dieu a manifesté sa « charge d’universel » dans l’Alliance avec Israël et dans le destin de Jésus Christ.

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