Suse, trésor de l’histoire

Pour Anne Saccalais, en hommage amical

 Les routes tortueuses de la montagne débouchent sur une longue éminence qui domine la ville où se dresse la silhouette d’un château d'un autre âge. En s’approchant de ce joyau perse on s’arrête aux pied d’une ziggurat, de la période élamite. Une ziggurat, en akkadien, est une « maison d’élévation ». Au 4e millénaire une ziggurat fait partie des édifices cultuels en Mésopotamie. Son nom, en sumérien « E-témen-an-ki », la révèle comme le centre du monde, « Temple du fondement du ciel et de la terre ». Elle se présente comme une tour à étages, surmontée d’une chapelle où le dieu Mardouk est censé descendre. Elle s’élève au centre d’une grande cour dont les murs, longés par une voie tracée pour les processions, sont percés de douze portes. Faite de briques séchées, maintenues par un coffrage de briques cuites, sa base carrée mesure plus de 90 mètres de côté. Il semble assuré que la ziggurat compte sept étages, le dernier supportant un petit temple qui, d’après les inscriptions de Nabuchodonosor, est revêtu de briques émaillées bleues. La hauteur totale peut atteindre 90 mètres. Celle de Suse a une fonction essentiellement religieuse.

Ces temples à étages étaient le modèle du bateau sauveur du déluge dans les récits babyloniens (cf. SDB VI, 595). Les ziggurats sont le prétexte pour esquisser les prétentions des chefs mésopotamiens à un empire universel au nom de leur dieu.

Le prophète Daniel

À Suse subsiste le tombeau du prophète Daniel, dont le Livre raconte la conversion de Nabuchodonosor (ch 4), l’indifférence des lions auxquels l'ont fait jeter les conseillers Chaldéens de Darius, jaloux de Daniel qui a « en lui l’esprit des dieux saints », et dont l’histoire relate la fidélité des Juifs au Vrai Dieu, ne craignant pas d’être jetés dans la fournaise plutôt que de céder à l’idolâtrie (ch 3).

Suse s’enorgueillit de posséder ses reliques aujourd’hui rassemblées près de ce tombeau abrité par un fastueux mausolée.

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