L’invention de la ville

Pour Pierre et Apolllne que j’embrasse.

   Les plaines de Sumer étaient autrefois arides avant que naissent et que soient irriguées et fertiles, des villes comme Ur, Uruk, Eridu, Nassyria, aux murailles ciselées que surplombent les silhouettes de ses sanctuaires. Les tours à étages, qu’on appelle des ziggurats culminaient jusqu’à 90 mètres. Comme celle de Babel.

Le dernier étage était réservé à un petit temple dont les murs étaient confectionnés avec des briques émaillées bleues. On venait y vénérer les dieux et les divinités astrales dès le XIXe siècle avant notre ère. La construction de ces ziggurats avait pour premier objectif d’entreposer le grain. Car dans la région d’Eridu, quatre millénaires avant J.C., on avait inventé l’ancêtre du brabant, l’araire attelé qui a permis un tel accroissement de la production du sol que fut abandonnée la cueillette sauvage. Du fait de l’abondance soudaine des récoltes, il fallut protéger le grain stocké dans ces ziggurats imposantes contre les pillages. Ce qui entraîna la naissance d’une inédite corporation, celle des soldats. Et si les soldats ne suffisaient pas à repousser les brigands, alors on avait recours aux moines et à leurs incantations en vue de détourner les pilleurs. L’agriculture, le soldat et le moine constituèrent alors les premières corporations des premières cités, tel Eridu, s’organisant autour de ces gigantesques édifices, surmontés d’une chapelle où le dieu Mardouk était censé descendre.

D'après les statistiques la moitié de la population mondiale résiderait en ville. Beau succès pour les Sumériens qui initièrent ce mode de vie il y a plus de cinq mille ans. Comment et pourquoi ses anciens « rats des champs » se sont mués en « rats des villes ». Hélas, ces premières villes en briques crues ont laissé des vestiges trop érodés pour que les archéologues aient une vision précise de cette mutation.

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