L’Amérique vue par le Pape Léon XIV

Pour Sophie Guerlin, en hommage amical

   Le Pape Léon XIV a prononcé un discours le 9 janvier dernier devant le corps diplomatique accrédité auprès du Saint-Siège. À propos des États-Unis le pape affirme que «la faiblesse du multilatéralisme est un sujet de préoccupation particulière au niveau international» et que «une diplomatie qui favorise le dialogue et recherche le consensus entre toutes les parties est remplacée par une diplomatie fondée sur la force, de la part d'individus ou de groupes d'alliés» parce que «la guerre est revenue en vogue et que le zèle guerrier se répand» et que «la paix est recherchée par les armes comme condition pour affirmer sa domination». 

Ce constat constitue «une base véritablement morale pour les relations internationales» et «une boussole éthique durable pour établir la voie de la politique étrangère américaine dans les années à venir». 

Dans la lignée de ces propos il faut souligner «la nécessité d'une aide internationale pour préserver les éléments les plus fondamentaux de la dignité humaine, qui sont menacés par la tendance des nations riches à réduire ou à supprimer leurs contributions aux programmes d'aide humanitaire à l'étranger». Car «en tant que pasteurs et citoyens, nous adhérons à cette vision pour l'établissement d'une politique étrangère véritablement morale pour notre nation».

Force ou diplomatie ? La diplomatie est en berne. Le pape insiste sur la renonciation à la guerre, non comme résistance armée contre les invasions prédatrices, mais comme instrument au service des intérêts nationaux

Ceci appelle notre responsabilité à construire une paix autour de nous, véritablement juste et durable dans une étendue plus large. Cette paix, Jésus l’a proclamée dans l'Évangile. « Je vous laisse ma paix, je vous donne ma paix ». On peut s’étonner, au passage, du mutisme général lorsque ces mots sont prononcés par le prêtre à la messe, ces mots qui prient le Seigneur de nous aider « à accomplir l’unité parfaite ».

Comme instrument au service d'intérêts nationaux à courte vue, comme s’y exerce Donald Trump, nous avons à nous opposer à cette guerre et proclamer que l'action militaire ne doit être considérée que comme un dernier recours dans des situations extrêmes, et non comme un instrument normal de la politique nationale et internationale.

Nous sommes convoqués à la recherche d’une politique étrangère qui respecte et promeuve le droit à la vie humaine, la liberté religieuse et l'amélioration de la dignité humaine dans le monde entier, en particulier par le biais de l'aide économique. À ce jour, le débat de notre nation sur le fondement moral de la politique américaine est affligé par la polarisation, la partialité des intérêts économiques et sociaux étroits. Au contraire, le Pape Léon nous fournit le prisme à travers lequel nous avons à l'élever à un niveau plus élevé. Les cardinaux Cupich, chef de l'archidiocèse de Chicago, Mc Elroy, archevêque de Washington, et J. William Tobin, archevêque de Newark, représentent à eux seuls 4 millions de fidèles. Ils s’engagent à prêcher, enseigner et encourager à élever ce niveau pour qu'il devienne possible dans les paroisses, les écoles et les institutions éducatives engagées dans l'éducation et le service social.

Gérard Leroy, le 24 avril 2026

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