Le tsunami culturel moderne

Ce 900e article pour les lecteurs de QEP

   Il y a moins d’un demi-siècle il était fréquent de s’entendre reprocher de n’être pas « objectif ». Comme il était fréquent qu’un orateur soit interrompu pour révéler « d‘où il parlait » afin de déceler l’engagement de ce dernier, l’influence au principe de son propos et le dénoncer aussitôt pour « manque d’objectivité ».

Apparition de la phénoménologie

Progressivement, nous avons remis en question le concept de l’humain autour duquel s’accordait jadis un certain consensus. On acceptait tout ce qui advenait comme naturel ; on admettait la finitude, on consentait à la passivité devant la naissance, la souffrance, la maladie, le vieillissement et la mort. Le progrès scientifique a permis d’amoindrir les contraintes, liées à la naissance, à la douleur —ce qu’a apporté l’utilisation à domicile des pompes à morphine—, ou à la mort. Plutôt que de subir la réalité nous sommes parvenus à la maîtriser pour la soumettre. La raison est passée de la soumission au réel à la conscience et à la responsabilité de notre histoire.

Aujourd’hui nous avons sur le monde, sur l’homme, sur la vie, et même sur la mort, des approches qui ne se superposent pas. Les pratiques sur le vivant traduisent la diversité des approches anthropologiques. Deux d’entre elles, surtout, s’affrontent. D’une part, la conception des scientifiques, penchés sur un individu qu’il faut aider, soulager, réjouir, satisfaire, et qui génère l’effet secondaire que Max Weber désignait de « désenchantement du monde ». D’autre part, celle des religieux dont l’apologétique se recroqueville sur une métaphysique, dite « d’un autre âge ».

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