Peut-on apprécier une œuvre si l’on n’apprécie pas son auteur ?

Pour Marie, ma fille, que j’embrasse

   i.e. est-ce que l’art et la société peuvent se séparer ? Est-ce que l’œuvre peut être jugée à part ?  C'est une question que je partage avec l’une de mes filles après la tourmente qui a accompagné la récente cérémonie des Césars.

Ça a tourné au défoulement identitaire, chacun a joué sa partition, les femmes, les hommes, les juifs… Chacun se retrouve assisté au ban d’un tribunal populaire, qui n’est pas juge, mais forcément très subjectif, parce qu’affectif. Toute conviction doit avoir passé par sa propre auto-critique pour n’être pas suspectée d’un amont… psychologique.

Les gens voudraient juger toutes ces affaires, en fonction de ce qu’on sait d’untel, de telle religion, de telle sensibilité politique, dont on décline hâtivement l’identité, alors que ce n’est pas le débat ni le sujet. La dérive est dans le rapprochement d’un certain intégrisme de la pensée.

Tous ces petits lynchages ordinaires qui brouillent le petit écran finissent par polluer notre société qui n’a de cesse de proclamer les bienfaits du « vivre ensemble », d’asservir chacun, de censurer nos échanges. Chaque jour, un groupe, une minorité, érigée en représentant d’une cause, exige, menace, et fait plier (…). Et nous ne voyons toujours pas grandir le radicalisme intégriste des tribunaux populaires, appelant à combattre ce qui dérange les censeurs. La police de la culture tourne à la police de la pensée. Toutes les entreprises épuratrices » nous sont assénées par nos « scouts du bien ». 

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