L’Islam au défi

Pour Muhammad Hanou, en hommage amical

   Nous vivons dans une société plurielle. Quel que soit le mode sur lequel vit la société, il nous faut, pour vivre en harmonie, nous respecter, dans nos identités, s’accepter. Mais pour cela il faut avant tout se connaître. Il ne s’agit pas de répondre à une soif, si légitime soit-elle, d’anthropologie culturelle, mais de mieux connaître l’autre avec lequel on est appelé à cohabiter. Voilà pourquoi j’appelle à mieux connaître les grandes religions dont l’importance grandit dans le jeu d’échecs mondial.

Les étudiants savent bien que le travail théologique consiste à lire les textes de façon critique, interprétative et significative pour l’homme d’aujourd’hui. Les étudiants cherchent à déchiffrer le sens des textes, historiques ou mythiques pour comprendre l’expérience historique et culturelle présente. 

Les musulmans, aujourd'hui, endurent une sorte de mise à l’écart par l’Occident, à cause du retard technique, militaire, économique, qu’ils accusent et reconnaissent. Ils craignent aussi la sécularisation croissante, greffée à la modernité. Les musulmans sont face à un défi idéologique, théologique en l’occurrence, qui doit ré-interpréter l’islam contre ses dévoiements. Le travail auquel sont conviés aujourd’hui les musulmans est de cet ordre. Ce n’est pas du rafistolage qu’ils doivent entreprendre, ni du toilettage, c’est la refondation de la pensée théologique, un travail historique et critique auquel appelait Mohammed Arkoun, et à sa suite Ghaleb Bencheikh et d’autres intellectuels musulmans, qui justifie de faire reculer une interprétation de l’islam insensée, aberrante et meurtrière.

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