L’Algérie, d’hier à demain : le gué

Pour Andrée Canovas, ateni galbek, atete galbi

   L’enquête demandée par le Président de la République à l’historien Benjamin Stora portant sur les questions mémorielles liées à la colonisation et à la guerre d’Algérie révèle deux positions. La première soutient le maintien des relations franco-algériennes sous la forme actuelle, conflictuelle ; la deuxième, comme la première, n’oublie pas la blessure, mais veut donner du futur à la mémoire, sans la culture du ressentiment.

Le Président Macron a une idée directrice : « Il en va de l’apaisement de ceux que la guerre a meurtris, dont elle a bouleversé les destins, tant en France qu’en Algérie. Il en va de la possibilité de sortir des conflits mémoriels… Je souhaite m’inscrire dans une volonté nouvelle de réconciliation des peuples français et Algériens. » (1)

Dans cette affaire il convient d’abord de ne pas oublier, ne pas négliger la souffrance liée au déracinement qu’endurent encore aujourd’hui ceux qu’on appelait « les rapatriés d’Algérie. »

Certains sont chrétiens. On comprend qu’ils trébuchent sur le final du Notre Père : « pardonne-nous nos offenses comme nous pardonnons à ces qui nous ont offensés ». Nous avons offensé. D’autres nous ont offensés. N’oublions pas, mais délestons-nous de ce réflexe infantile qui consiste à compter les points. Chacun a assez de malice pour y trouver son avantage.

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