Une parole et des cierges...

Pour Bernard et Véronique Schürr, en hommage amical

   La sécularisation est une des caractéristiques de la modernité. Elle se place paradoxalement sous le signe d’un retour, revendiqué ou encouragé, à la question du sens… qui traduit en filigrane un besoin de rassurance en amont de la quête de sacré. De ce paradoxe surgissent de nouveaux courants, ésotériques, gnostiques, quelque peu sectaires. La « nébuleuse mystique ésotérique », la « NME » comme disent, pour faire court, les spécialistes, au sein de laquelle les croyances « se mêlent aux techniques corporelles et aux psychothérapies », témoigne du déracinement de l'homme moderne qui cherche une certaine forme de salut individuel dans l'irrationnel et à travers la quête d'un sacré sauvage. 

Derrière cet éclectisme, on découvre vite un critère de choix et il s’agit en premier lieu de l’authenticité d’une expérience personnelle en quête d’un certain salut au sens d’un mieux-être de l’âme et du corps. C’est ce qu’a bien montré le P. Claude Geffré, invitant à comprendre la tentation syncrétiste actuelle comme un perpétuel travail de ré-interprétation des diverses croyances au service d’une libération personnelle. L’imaginaire fait le reste, se développant dans des représentations plus ou moins rationnelles dont on fait un système avec une couverture raisonnable pour la rendre plus crédible. Ce qui est visé, c’est le surcroît d’être qu’on en retire. Cette tentation syncrétiste n’épargne pas les chrétiens. En Amérique latine et en Afrique, on observe les nouvelles Eglises qui foisonnent, en marge de l’Eglise catholique et des Eglises protestantes historiques. À la différence des confessions occidentales, les membres de ces nouvelles communautés ne sont pas des gens aisés ni sur le plan matériel ni sur le plan culturel. Il s’agit de pauvres et de marginaux en quête de reconnaissance comme sujets individuels, en quête d’une vraie convivialité. 

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