J’entends d’ici les sirènes du 12 mai.

Pour Bernard Touchot, en hommage amical

   La crise sanitaire nous a brutalement révélé notre profonde vulnérabilité, qui s’est manifestée et dans la maladie et dans le soin. L’angoisse et la douleur du malade ont envahi son existence, dérangée par l’intrusion des examens, les injonctions, les priorités nouvelles. Face à la passivité du vulnérable, exposé ultimement à la mort, celle du soignant, qui redonne à vivre un rapport au monde satisfaisant, élargit les possibles. Le soignant est affecté par l’autre plus que par lui-même. L’éthique surgit ici d’une façon éclatante au cœur de l’altérité. 

Ce fléau aura donc été un stimulateur de vertus insoupçonnées, de générosité, de sollicitude, du sens de la responsabilité, de la vocation professionnelle. Tout cela a forcé l’admiration. Nous ne sommes plus seulement prochains les uns des autres, mais tellement nécessaires les uns aux autres que cela nous engage. Aujourd’hui, la gestion politique va devoir repenser la structure de la santé et en même temps la revalorisation des soignants à tous les étages de la profession. Après l’urgence du soin viendra le temps de la réflexion et de l’engagement. Vol au-dessus d’un nid de casse-têtes chinois. 

Sur le plan sanitaire les questions se bousculent. Le covid est-il une infection mixte, de bactéries et de virus ? La membrane du virus succombera-t-elle au savon, à la température…? S’accorde-t-on sur l’importance du microbiote intestinal déséquilibré des personnes âgées ? Produit-on déjà des anticorps neutralisants ? Peut-on empêcher la réplication du virus ? Et les animaux ? Quels sont ceux qui font craindre la « zoonose » ?

Bien d’accord avec Alain Finkelkraut pour dire que la science n’est pas l’omniscience. La science ne pousse pas l’homme sur le trône de Dieu, quand bien même se multiplient les visées prométhéennes des mégalomanes. Être un homme, quel que soit son trône, ne permet pas d’usurper, même si l’on clame que Dieu est mort, le trône de Dieu !

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