Le dilemme

Pour Alain Péréa, avec mon respectueux dévouement

   Si je suis intéressé de manière croissante par la géopolitique, convaincu que les rapports de forces, entre le Moyen-Orient, Israël, la Chine, la Russie, la Turquie, l’Europe et les États-Unis sont déterminants sur l’avenir du monde, j’éprouve en revanche un véritable désintérêt pour la politique intérieure nationale.

J’ai lu ce matin avec une louable attention le courrier déposé dans ma boîte à lettres. J’ai parcouru le raz de marée de prophéties alarmantes, les promesses rutilantes, l’espérance vengeresse. La campagne se veut tonitruante, ultra ou anti réformiste, révolutionnaire, éruptive. On nous promet la lune en l’entourant d’un halo rageur. Et le lecteur en vient à douter de la capacité des candidats d’assumer, d’incarner, de gouverner autrement que derrière des persiennes.

Je perçois la politique de notre pays comme une lutte féroce de pouvoirs, un art de l’intrigue, cultivé par une a-moralité, voire une immoralité, machiavélique, en ce que Machiavel qui n’échappe à aucun étudiant de sciences politiques, défend un principe : la fin justifie les moyens. Exit l’éthique ! On a oublié que c’est par l’éthique que chacun devient soi, et digne de ce que l’humanité attend de l’humain.

En France, les réflexions politiques sont rares, et rarement généreuses, indifférentes au monde à venir. La politique vole à vue. Peu à peu notre société se débrouille comme elle peut, ce qui a pour effet de renforcer l’individualisme et la dé-responsabilisation. Notre société est encadrée par des anonymes cybernétiques, de sorte que le lien est coupé entre ceux qui s’identifient comme des chefs et ceux qui dépendent de leurs décisions arbitraires. Les prises de contact avec les responsables de la DDE, la présidente d’Orange, le Préfet, SFR, les VNF ou le Conseil départemental vous renvoient à un autre, quand par extraordinaire le signataire, anonyme, daigne répondre.

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