Ce que je perçois de l’Église aujourd’hui (3/3)

Pour les amis et pour tous les lecteurs de questionsenpartage

La 798e a porté sur l’origine du mal, la 799e sur notre vacuité politique, voici la 800e chronique de notre site, qui témoigne d’une perception de l’Église de France aujourd’hui. J’ai le plaisir de vous réserver cette  chronique en hommage amical.

Je confiais un jour à mon évêque que les enfants s’emmerdaient à la messe. Il rétorqua aussitôt : « Vous croyez qu’il n’y a que les enfants ? ». L’obsolescence de nos liturgies fait fuir, observe le sociologue Jérôme Fourquet. Certains prêtres pensent qu’ils peuvent attirer par le décorum, une liturgie ronflante, des défilés de mode, des gestes théâtraux, de longs sermons parfois soporifiques, parfois moralisants, parfois les deux. Avec tous ces artifices les gens et surtout les enfants, pensent-ils, viendront à l’église ! Pur angélisme !

Jésus, lui, fait sauter les rites de pureté (cf. Mc 7, 1-4). Il empêche ainsi que le groupe se referme sur lui-même car les rites créent des clivages. Avant de manger, les pharisiens se lavent rituellement les mains, jusqu’au menton. Jésus, l’indiscipliné, ne le fait pas (Mt 15, 1, 2). Et d’ajouter : « Malheur à vous qui êtes spécialistes de la Loi (…) Vous n’êtes pas entrés, et ceux qui entrent, vous essayez de les en empêcher ! » (Lc 11, 52). « Le sabbat a été fait pour l’homme, et non l’homme pour le sabbat » (Mc 2, 27).

Un prêtre m’a confié un jour cette absurdité : « Le monde passera, la liturgie ne passera pas ». La focalisation sur la liturgie « idolâtre celle-ci jusqu’à défigurer Dieu » a écrit le dominicain Adrien Candiard. Quand la liturgie devient culte, comme une fin en soi, on se concentre sur le rituel et on renvoie Dieu sur la touche.

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