Ce que j’observe (1/3)

« Questions en partage », est consulté ou lu chaque mois par plus de 20000 visiteurs proches et lointains. Cette 800e chronique se présente en 3 observations personnelles. La 798e porte aujourd'hui sur l’origine du mal qui ronge aujourd'hui le monde, la 799e portera sur notre vacuité politique, la 800e sur l’Église de France aujourd’hui. J’ai le plaisir de vous réserver ces 3 chroniques en hommage amical.

L'existence serait-elle dépourvue de sens, d’intelligibilité, d’une justification ? Que nous dit l’aujourd’hui que l’on traverse, inquiets.

On observe une grande coupure qui sépare ceux qui s’intéressent à ces chemins de sens et ceux qui ne voient de vérité que dans les résultats des seules sciences et techniques, les scientistes de tout poil, et les pélagianistes, dénoncés par le pape François, qui ne croient qu’au talent de l’homme. 

De là ne vient-il pas le mal qui ronge le monde présent, qui en a peur d’autant qu’il ne l’explique pas ? Comment exiler le mal au cœur de nos vies ? En observateur attentif du conflit russo-ukrainien surgissent 3 sujets de réflexion autour du mal : le tragique de l’histoire qui, ici, n‘est pas comparable à la tragédie grecque, la racine du mal, et l’absence de l'efficience de Dieu. 

Nous n’admettons que difficilement notre statut d’ « être vers la mort ». Là surgit l’angoisse de la finitude et dans le même temps la volonté de transcender notre nature. Il nous faut penser « mal et finitude », articuler l’inarticulable. Nous sommes tentés par une approche ontologique de la racine du mal, moins pour l’assumer que par désir intense de le dépasser. D’où la tentation de transcender notre nature. En quête d’un idéal inatteignable, infini, nous nous laissons envoûter par les leurres d’une surnature.

L’image de la finitude en l’homme est alors jetée aux orties. Elle gêne. Car survient l’angoisse, ou « l’horizon bouché de l’existence » ancrée chez Foucault, voire Thomas d’Aquin. À la finitude qu’aspire la bête à dépasser, le fou prométhéen sous les traits de l’invisible Satan cherche à nous en exempter. Satan fait mal. Avec le sourire de Poutine. 

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