Serions-nous vaccinés contre la charité ?

Pour Suzanne Zahredine, en hommage amical

   De quelque jumelle que l’on regarde le monde occidental, nous observons un net recul des idéologies naguère mobilisatrices d’énergies, une sécularisation galopante, une laïcisation de nos sociétés, une forme d’individualisme relativiste. Cette profonde mutation récente due aux progrès fulgurants de la science, a d’autre part fait passer la raison de la soumission au réel à la responsabilité solidaire de son histoire.

Le paradoxe, c’est que cette prise de conscience collective s’accompagne dans le même temps d’un aveuglement, qui en vient à affirmer des préjugés sans souci de vérification de la vérité. C’est en vertu de ce « vérisme » qui ne doute pas, que se développe le complotisme, le révisionnisme, les fake-news.   

Le risque majeur si on laisse faire, selon moi, est de réduire l’homme au statut d’objet, d’éliminer en conséquence son contenu spirituel et humain, reléguant dans les marges de la société la relation interpersonnelle, le rapport à autrui, et toutes choses qui introduisent d’emblée dans la région du sens.

Il y a, toujours selon moi, urgence pour chacun à se pencher non pas sur l’éthique dans sa nature, mais sur son éthique propre dans son application. Autrement dit : vers quel comportement social je suis porté à adopter ma foi en Jésus-Christ ? Cette question se pose face aux graves défis du présent posés par l’inédit des problèmes. Cette démarche éthique donne le coup d’envoi à mon procès d’humanisation. Qu’ai-je fait de mon frère ?  

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