Enracinement, universalité, au carrefour de l'identité

Pour Marie, ma fille

   Le moi singulier, désigné par l’identité-ipséité, est aussi un moi qui partage avec l’humanité ce qui appartient en commun à tous les hommes. Cette approche intègre deux dimensions qui se rejoignent : l'enracinement et l’universalité. L’enracinement est une des structures de notre existence. Il se rapporte à tout ce qui a valeur de lieu commun, la coutume, la tradition, la langue, les mythes, les contes. « Je pense donc je suis de quelque part ».

L'expression « enracinement » peut se charger de valeurs plus spatiales —je suis né dans la Sarthe— ou plus temporelles —à telle date—.

Les valeurs spatiales sont étroitement associées à des valeurs temporelles. L’enracinement devient alors synonyme de continuité dans le temps. Quand on vit sous le mode du repli, quand tout changement est perçu comme une perturbation, comme une menace, l’ «identité-mêmeté» se renforce. En revanche, une identité n'est jamais définitivement acquise. Elle se construit, comme a à se construire l’adolescent.

Le terme enracinement peut-être rapproché du terme culture. Entendons par “culture” l’ensemble des expressions littéraires, artistiques, intellectuelles qui correspondent à une civilisation. L’anthropologue Herskovits (1) définissait la culture comme « un ensemble traditionnel, à la fois régulateur et créateur, de comportements, de connaissances et de croyances, à l’intérieur d’un groupe autonome. » Le soi est alors la somme des repères identificatoires que sa culture et sa société mettent à sa disposition.

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