La parabole de l’ouvrier de la dernière heure (1)

Pour Nicole, à qui je souhaite un bon anniversaire

   La parabole rapportée par l’évangéliste Matthieu révèle ce que l’on peut saisir du Royaume de Dieu comme eschatologique.

Un maître de maison a besoin de gens pour travailler à sa vigne. Des ouvriers se tiennent sur la place du marché. On ne les imagine pas restés debout pendant des heures. Ils sont assis, accroupis. Ils bavardent.

Le maître leur propose un denier pour le travail qu’ils vont avoir à effectuer pendant la journée. Un denier était le salaire quotidien habituel des journaliers. Vers 4-5 heures de l’après-midi, le maître vient chercher de nouveaux ouvriers. Le travail presse. Il faut terminer la vendange avant la saison des pluies. On a donc affaire à une course contre la montre. Il était normal de payer le salaire le soir. Le propriétaire a en tête, non pas de payer en premier les derniers embauchés, mais de payer à tous sans exception la même journée de salaire.

Certains ouvriers s’avancent en protestant. Ils donnent libre cours à leurs récriminations. Ils ont peiné 12 heures, tandis que les autres n’ont travaillé qu’une heure, et ils ont dû, de surcroît, vendanger sous la chaleur du sirocco, alors que les derniers venus ont pu profiter de la fraîcheur du soir. La durée et la difficulté du travail s’y ajoutant justifient un salaire plus élevé. 

Le propriétaire choisit parmi les protestataires le plus « fort en gueule » : « Ami », lui dit-il. L’apostrophe est à la fois pleine de bonté mais aussi de reproche, comme s’il s’était adressé à lui en lui disant « mon vieux » ou « camarade », comme s’il s’adressait à quelqu’un coupable de quelque chose . « Prends et va-t’en ! » lui dit le maître ; « Voilà ce que je veux de mon bien. » Les derniers seront premiers, et les premiers seront derniers.

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