Pour Jacques et Anita de Saint-Exupéry, en hommage amical
À Damas, au 1er siècle, réside un certain Ananias, un Juif converti au christianisme. Un chapitre des Actes (22,12) le décrit comme un homme de bonne réputation, respectueux de la Torah (la Loi). Saül de Tarse vient d'arriver à Damas. Depuis 3 jours il est aveugle et n’a ni mangé ni bu. Il se réfugie dans une maison, dans la « rue appelée rue Droite, chez Jude », l’un des douze apôtres que cite Jean dans son évangile. Ananias est là, lui aussi. Il impose les mains à Saül qui recouvre la vue. Il reçoit aussitôt le baptême que lui administre Ananias. Il s’appellera désormais Paul.
Converti, plein de l’enthousiasme de la foi, Paul s’en va prêcher dans les synagogues que Jésus est Fils de Dieu. Pas moins. Son succès finit par agacer un bon nombre de juifs qui décident de s’emparer de lui pour le tuer.
La filature qui le poursuit n’est pas, selon Paul (2 Co 11, 32), conduite par des juifs mais selon l’ordre du roi nabatéen Aretas IV. Apprenant le complot qui le contraint à s'enfuir clandestinement, Paul décide de s’échapper discrètement de la ville. Ses compagnons entreprennent de le descendre dans une corbeille le long de la muraille de la cité.
Aujourd’hui, une chapelle commémore cette évasion. Elle se situe entre deux portes des remparts de la ville qui ne sont pas celles qu’a connues Paul car ces remparts ont été édifiés au XIIe siècle, par un unificateur musulman contre les croisés Francs en 1154. La chapelle Saint-Paul fut édifiée dans les années 1920 sous la conduite du directeur de l’Institut français d’archéologie, alors sous le mandat de l’administration française en Syrie. Le culte de cette chapelle est animé par la communauté greco-catholique .
Les touristes aiment flâner rue droite où il passent devant la maison de Jude, qui servit de refuge à Paul après sa conversion, tout près de la chapelle souterraine dite de « Saint-Ananias » où l’on commémore le baptême de Saül de Tarse.
Gérard Leroy, le 20 mars 2026