Pour Rachel et Bruno, en hommage affectueux
La période perse : -587 à -333
Dès 587 avant Jésus-Christ, les Édomites, les Ammonites et les Moabites commencent à s’installer en Samarie. En 539, Cyrus le Grand, roi de Perse, conquiert Babylone et ses provinces. Il autorise la même année les Israélites à retourner en Palestine, mais la situation économique n’y est pas favorable et beaucoup restent dans l’empire perse. Ils ne sont en fait que quarante mille environ à rentrer en Palestine; ils reconstruisent le Temple de Salomon (d’abord l’autel des sacrifices dès 538, puis le Temple lui-même entre 520 et 515). D’autres parties de la ville détruite, dans laquelle les Israélites étaient déjà retournés clandestinement, sont rebâties.
Cette épreuve pour la communauté judéenne en exil, soldée par un renouveau religieux, permet l’émergence véritable du judaïsme. Une importante communauté juive se développe à Éléphantine, en Égypte. Elle nous est connue en détail par une riche collection de papyri en araméen. Jusqu’au IVe siècle av. J.-C., les libertés règnent dans l’empire perse, la Judée et la Samarie deviennent plus florissantes. Le Grand Prêtre de Jérusalem est nommé administrateur de la province perse de Judée, devenue une théocratie. L’araméen adopté par les souverains achéménides sous l’administration babylonienne, se propage en Palestine et prend, en Judée, une importance de plus en plus grande au détriment de l’hébreu ancien.
La période hellénistique : -333 à -134
En 333, Alexandre le Grand de Macédoine, écrase les Perses et s’ouvre la voie vers la Syrie. Après Tyr et Gaza en 332 il pénètre en Égypte où il fonde Alexandrie en 331, puis entame la conquête de la Judée et des terres comprises entre l’Égypte et l’Inde, obligeant les peuples à lui faire acte d’allégeance. La Palestine semble alors connaître un temps de paix et la Judée s’hellénise partiellement ; de nombreux Grecs s’y installent et leur culture influence profondément les domaines sociaux, philosophiques mais aussi religieux. La communauté juive devient minoritaire, d’autant que de nombreux juifs partent par milliers s’installer dans les nombreuses cités de l’empire, depuis la Mer Noire jusqu’à la Mer Égée, mais surtout dans la nouvelle capitale Alexandrie. Ces migrations furent d’une grande importance; que l’on désigna sous le nom collectif de diaspora (en grec : dispersion). Soixante-dix rabbins ou homme pieux de Jérusalem traduisent alors la Bible en Grec à l’intention de la diaspora hellénisée ayant perdu la connaissance de l’hébreu et n’accédant donc plus à ses textes fondateurs. C’est la Bible dite de la “Septante”. Des Synagogues sont édifiées dans les grandes villes. Après la mort d’Alexandre, en 323, ses généraux divisent l’empire. L’un d’eux, Séleucos, descendant d’Alexandre, fonde une dynastie qui conquiert une grande partie de la Palestine.
Les Séleucides de Syrie contrôlent la Judée jusqu’au IIIe siècle av. J.-C., mais celle-ci devient l’enjeu de conflits incessants qui s’établissent entre l’Égypte et la Syrie. Au début du siècle les rois Séleucides autorisent la pratique du judaïsme. Plus tard, Antiochos IV tente de l’interdire. En 198, le roi de Syrie écrase les Égyptiens en une bataille qui annexe définitivement la Judée à ses territoires ; Antiochos IV tente alors de remplacer le judaïsme par l’hellénisme. Selon l’historien Flavius Josephe, Antiochos III avait accordé aux Juifs une charte définissant le statut théocratique de la nation juive. Son successeur ne renouvelle pas cette charte. Les tensions avec les Romains se multiplient. En 167 le roi Antiochos IV de Syrie interdit la religion juive et remplace dans le Temple sacré l’autel de Yahvé par un autel consacré à Zeus. Les Juifs se révoltent sous la conduite des Maccabées et soit chassent les Séleucides hors de Palestine, soit gagnent au minimum une large autonomie pour leur nouveau royaume dont Jérusalem est la capitale. Le royaume reçoit la “protection” romaine et Juda Macchabée devient “ami du Sénat et du peuple romain” en 164.
Selon le Livre des Maccabées repris par Flavius Josephe, le soulèvement juif s’organise sous la direction du prêtre Mattathias et de ses fils, les Macchabées. Au terme d’un rude conflit militaire, les Macchabées, qui ont fait appel aux Romains en 164, sont victorieux. Ils obtiennent l’abrogation des mesures qui ont provoqué le soulèvement. Judas Macchabée conduit alors les expéditions punitives envers les non-juifs et les juifs hellénisés. Les grands prêtres désignés sont favorables à la culture hellénistique, ce qui génère encore des conflits avec les adversaires des Grecs qui finissent par céder. Ces derniers désignent en 152 leur Grand Prêtre, Jonathan, le chef des rebelles.
La période hasmonéenne : -134 à -63
C’est avec le petit-fils de Jonathan, Jean Hyrcan 1er (134-104), que les juifs connaissent une période d’indépendance sous la forme d’une dynastie monarchique et sacerdotale hasmonéenne. Le nouveau royaume annexe la Samarie et l’Idumée. Les habitants, contraints en partie, adhèrent au judaïsme. Au 1er siècle av. J.-C., le trône de Judée est l’enjeu d’un grave conflit entre les deux princes hasmonéens Hyrcan II et Aristobule II. Le gouverneur Antipater s’allie avec les Romains qui étaient restés depuis un siècle dans la région, et, en 63 av. J.-C., le général romain Pompée entre à Jérusalem.
Les manuscrits dits de la Mer Morte datent de cette période. Ils ont été déposés dans des grottes à proximité de Jéricho, au cours de la première révolte juive contre les Romains (au plus tard en 68 av. J.-C.). Par ailleurs, le grec est devenu la langue internationale au Proche-Orient comme dans l’ensemble du monde civilisé.
Suit la période romaine de 63 av. J.-C. à 324 ap. J.-C.
Gérard Leroy, le 5 septembre 2025