Préparer les Églises de demain. Marcel Légaut commenté par Xavier Larère

 Préparer les Églises de demain

 

   Confondant les sociétés religieuses empiriques qu’elles sont avec l’Église de Paul « Épouse du Christ », nos Églises ont revendiquées l’élection et l’alliance divines, la vérité détenue sans erreur, l’investiture pour publier le Message et le défendre contre toute déviation, en recourant au besoin à toutes les armes permises par l’époque.

La vie spirituelle d’aujourd’hui a besoin qu’on lui enseigne la véritable histoire des Églises, sans omettre les errements et les fautes du passé, qui doivent être reconnus comme tels, ne serait-ce que pour éviter leur répétition. Avoir deux mille ans comporte une exigence particulière de mémoire. A l’heure de la nouvelle évangélisation, il y a là un moyen de redonner intérêt et vigueur aux homélies. On peut faire mieux que de former l’homme du dehors, principalement en morale et en éthique, sans l’appeler à une véritable intériorité.

 

La question fondamentale : aujourd’hui, qu’est-ce qui, dans les structures de l’Église, est indispensable pour la fécondité de la mission, développement de celle de Jésus, s’adressant à tout homme, pour accéder à une universalité dont on ne pouvait, il y a vingt siècles, concevoir les dimensions extrêmes. 

 

L’autorité de fonction, aussi légitime qu’indispensable, n’est guère en mesure d’assurer un tel rôle d’éveil auprès des fidèles. L’obéissance aveugle que requiert une telle autorité est considérée aujourd’hui comme une passivité indigne d’un être libre. Une voie possible serait de la doubler d’une autorité de mission qui s’impose uniquement par le rayonnement personnel et aurait comme objectif de transformer en appel et en fidélité ce qui se présente encore comme commandement et obéissance. 

 

Dans le domaine politique et social, il convient que les Églises soient bien conscientes que c’est précisément la reconnaissance des errements passés qui rendra audible et crédible leurs prises de position publiques. En attendant, elles n’ont le choix qu’entre le silence et des propos modestes et prudents. En effet, affirmer ce qui est juste d’une manière générale et absolue, sans indiquer aucune manière de le réaliser ou, au moins, d’y contribuer efficacement (contrôle des naissances aux Philippines) ne peut paraitre que verbiage pieux à ceux qui sont dans l’action.

 

 

Commentaire

 

L’idée de Marcel Légaut de distinguer l’autorité de fonction et l’autorité de mission est intéressante à condition que la ‘’mission’’ soit première et donc qu’elle soit exercée par le  pape. En effet, comme le suggère Claude Geffré, ce n’est pas l’Église  qui définit la mission, c’est la mission qui détermine le visage de l’Église, afin qu’elle soit le signe du Royaume de Dieu. C’est dire  l’importance cruciale du choix du Pape. Ce qui compte, ce n’est pas sa nationalité, ni sa culture, c’est son expérience humaine, sa connaissance des hommes, la variété des ministères exercés, sa proximité avec le terrain, avec la base, sa rencontre avec la vraie misère des hommes, des femmes, des familles.

 

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