Notre ami Claude Geffré, op, et Madame Julia Kristeva, psychanalyste, ont été invités par la paroisse St-Eustache de Paris à débattre sur ce thème. Nous reproduisons ici, avec son aimable autorisation, la première des trois parties de son intervention. Les deux autres parties paraîtront successivement au cours de cette même semaine.
Ce qui me frappe tout d'abord, c'est que ce besoin inlassable de croire a un lien indissociable avec une culture sous le signe de l'incertitude. Cela pend des formes diverses.
La foi des chrétiens affrontés à la modernité fait l'expérience d'un recul toujours croissant du croyable disponible. Même ceux qui n'ont pas le temps de lire les travaux des experts savent que la représentation du monde et de l'histoire à laquelle renvoie l'enseignement des vérités fondamentales du christianisme a été complètement bouleversée par les progrès fantastiques de la cosmologie, de l'astrophysique, de l'archéologie, de l'exégèse scientifique, de l'histoire-science des historiens. Comment discerner la mytho-histoire et l'histoire effective du peuple d'Israël ? Comment vérifier l'historicité des récits évangéliques? Comment comprendre cette minuscule histoire du salut (d'Israël et de l'Église) à l'échelle de cette histoire toujours plus reculée de l'homo sapiens ?