Pour Marie-France Cals, en hommage amical,
Certains déplorent que la semaine soit appelée à redevenir païenne, le septième jour nous orientant plutôt vers les achats que vers la mémoire du rachat. Nous voilà retournés à l’antiquité. Car c’est aux Babyloniens, leurs pires ennemis, que les Hébreux ont emprunté ce cycle de sept jours, en dépit de la répulsion qu’à l’origine ils éprouvaient pour ce chiffre néfaste, voué aux désastres.
Comment s’est opéré ce retournement ? Les traditions responsables de la rédaction du Livre de la Genèse ont tout simplement fait de la semaine le symbole de la Création, réservant au repos bien mérité du Seigneur tout un jour, le septième.
Le paganisme romain n'a pas hésité à exploiter le filon des biblistes pour vénérer ses dieux, faisant se succéder Mars (mardi), Mercure (mercredi), Jupiter (jeudi) et Vénus (vendredi). Même le dimanche, Sunday en anglais, reste dédié au dieu-soleil de la religion romaine.
Seule unité de temps qui ne soit pas induite par le mouvement naturel des astres et leur place par rapport à notre planète, la semaine est purement et simplement une invention de l’homme, lequel la rapporte à une œuvre divine comme pour la cautionner mieux que ne le feraient les astres et les cycles de la nature. Grâce à la religion, celle des Babyloniens, des Mèdes, des Assyriens puis des Hébreux, on peut bénéficier d’un jour chômé, un jour longtemps consacré à celui auquel on devait cette aubaine et qu’on délaisse peu à peu tant qu’il ne ne nous enverra pas un autre miracle qui nous apporte plus que les soldes.
On peut désormais se passer d’une vacance hebdomadaire et programmer son emploi du