Dans notre civilisation occidentale, pour la loi religieuse comme pour la loi civile, la sexualité est un domaine d’élection de l’interdit, de la transgression et de la sanction. L’une et l’autre, loi religieuse et loi civile, ayant des pratiques de rigueur ou d’indulgence différentes. L’une condamne la contraception et l’avortement, l’autre pas, mais peut envoyer en prison pour des attouchements.
On peut néanmoins admettre aujourd’hui que les deux lois jugent avec la même sévérité les agressions sexuelles et les viols. Mais qui sont les coupables ?
Un constat s’impose : la délinquance sexuelle, de l’attouchement au viol, est masculine à 99 %. Les quelques femmes condamnées le sont pour complicité ou pour non assistance à personne en danger. En France, le quart des détenus ont été condamnés pour délit ou crime sexuel, soit près de 20 000 personnes. Les prêtres et religieux ont aussi leurs délinquants sexuels. En faible pourcentage de leurs effectifs, mais en cas suffisamment nombreux pour éclater en scandale public (Légionnaires du Christ, Communauté des Béatitudes, Irlande, Belgique, Pays-Bas...). Les pulsions qui ont fait succomber ces hommes consacrés ont dû atteindre une rare intensité pour que certains en viennent à utiliser le nom de Jésus pour les assouvir. Ainsi qu’il ressort du témoignage d’enfants doublement abusés par des paroles comme: « c’est Jésus qui le veut, ce sera un secret entre lui et nous deux…. ».