Philosophie et théologie : compagnes de toujours

Pour Yves et Marie-Lou, en hommage amical

   De nos jours, et ce depuis le siècle des Lumières, la philosophie n’est plus le challenger de la théologie. L’évolution du rapport de la philosophie à la théologie a traversé de nombreuses périodes.

Au cours des premiers siècles du christianisme naissant, la philosophie grecque imprègne les mentalités, au point qu’on en arrive peu à peu à une hellénisation du christianisme et, à un degré moindre, à une christianisation de l’hellénisme. 

Au XIIe siècle, Thomas d’Aquin inaugure, lui, le paradigme de la circularité, autrement dit de la réciprocité causale entre la Doctrina sacra et la philosophie. Thomas est un précurseur, qui affirme que la théologie n’est ni la première ni la seule instance d’intelligibilité du monde.

Une diffraction s’est opérée avec Descartes qui, s’appuyant sur la physique de la lumière a brisé les rapports harmonieux entre les lumières du savoir que sont la théologie et la philosophie. Si Luther avait bien opéré la diffraction au bénéfice de la foi chrétienne, Descartes l’opère au bénéfice de la philosophie.

Fin XVIIIe siècle, le paradigme de l’accomplissement s’opère avec Lessing dont la requête est

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