Le bouleversement des premiers témoins de l'Événement de l'histoire

   La toute première communauté, celle des gens qui avaient été témoins de ce qui s’était passé à Jérusalem, pendant la préparation de la Pâque, éprouvait le besoin de s’expliquer les événements, de s’y retrouver. Il leur fallait en passer par une révision de cette histoire qu’ils avaient vécue. Leur souci était de ressaisir cette histoire en ce qu’elle portait de primordial, d’essentiel.

Le témoignage de l’état "archaïque", primitif, de la formulation de la foi, antérieur à tous les credo (1), c’est le Livre des Actes qui nous les livre.

Vous, Pierre, de Jérusalem, Claude, d’Alexandrie...”. Voilà comment Pierre, entouré de onze autres camarades, s’adresse à la foule : “Hommes de Judée, et vous tous qui séjournez à Jérusalem, comprenez bien se qui se passe. Ne croyez pas que ces gens aient bu, il n’est en effet que neuf heures du matin” (2) . “Israélites, écoutez ! Jésus le Nazôréen, cet homme à qui Dieu a rendu témoignage devant vous par les miracles, les prodiges et les signes (...) cet homme (...) vous l'avez livré et fait crucifié. Mais Dieu l'a ressuscité.” (3). Voilà l’affaire. Nous avons ici la première formulation du kérygme palestinien.

Et Pierre, comme s'il avait à justifier l'événement lui-même par l'histoire, de rappeler le roi David : “Frères, David est mort, son sépulcre (est) chez nous. Dieu lui avait promis de faire asseoir un de ses descendants sur son trône, il a donc vu d’avance la résurrection du Christ. Ce Jésus Dieu l’a ressuscité; nous en sommes tous témoins” (4) .

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