Les nouveaux ayatollahs

Pour Philippe Weickmann, en hommage amical

   Parce qu’ils écrivent sur du papier public, parce qu’ils se savent écoutés dans le poste, les journalistes s’octroient l’accès à la position dominante des nouvelles féodalités qui ne disent pas leur nom. En fait, ces autorités usurpées, plutôt que de dire ce qu’il en est des choses, de la politique, de la société, de l’histoire, prétendent ce qu’il doit en être. Ils vous abreuvent de leurs idées, vous imposent leur pensée plutôt que de vous donner à penser. Ces nouveaux donneurs de leçons se déclarent experts en tout, des évolutions sociales comme du reste. Ça impressionne toujours les quidam et ça dispense les beaux-parleurs de présenter des analyses qui tiennent debout. Derrière eux, le beau monde qui se hausse du col emboîte le pas : des acteurs, des chanteurs, des sportifs, des m’as-tu vu, bref des gens qui font peser du poids de leur prestige leur point de vue sur des secteurs qu’ils n’ont jamais foulés ! 

Mais le pire est dans l’exclusion radicale et spontanée des gens qui ne leur ressemblent pas, qui n’épousent pas leur moule, politique ou religieux, qui ne rentrent pas dans le rang, dans ce que les interviewers définissent comme politiquement correct. 

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