Le printemps arabe est bien précoce

Pour Paul Marco, en prolongement des conversations de notre groupe.  Pour Bruno, Bertrand, Jean-Marie L., Roger A., Germain P, en hommage amical

   C’est à l’effondrement d’un jeu de dominos que font penser les soulèvements successifs de quelques pays du Maghreb ou du Moyen-Orient. Les Tunisiens n’en ont pas fini de dénoncer la corruption dont ils ont été victimes et de crier leur soif de justice, que les Égyptiens réclament de pouvoir manger à leur faim, de faire usage de leurs compétences, de participer à l’espace public confisqué par un régime oligarchique, d’user enfin de leur liberté.

Impéritie et corruption ont planté le drapeau noir sur la marmite et désespéré la jeunesse. Sa réaction ne relève ni du raisonnement, ni de la dialectique, encore moins de la diplomatie, mais de la détresse. Et l’on sait que la détresse, comme le rappelait un jour Daniel Balavoine au Président Mitterrand, est mobilisatrice. La révolte est pour beaucoup le dernier recours pour obtenir du pain et de quoi l’acheter.

Quand la corruption gangrène sans espoir de guérison, c’est à l’amputation qu’il faut songer.

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