Introduction au phénomène sectaire en France

Pour Agnès Delpuech, en hommage amical

   Dans une étude portant sur la religion et la démocratie, la sociologue Danièle Hervieu-Léger écrivait: “Les sociétés modernes vivent dans une condition d’incertitude structurelle qui remet continuellement en question les certitudes rationnelles forgées par le développement des connaissances. Elles sont contraintes de faire face au déficit de sens qui résulte de cette incertitude. Les sociétés modernes ne sont pas des sociétés “moins croyantes” que par le passé, mais au contraire des sociétés où le croire prolifère”. Cette prolifération du croire est portée par de nouveaux mouvement religieux qui protestent contre le non-sens (1). La sortie des religions dogmatiques jusque là porteuses de sens a été facilitée par la découverte d’autres modes de croire, favorisés par les vagues migratoires du XXe siècle.

Ces vagues migratoires ont véhiculé des coutumes étrangères, et éveillé la fascination pour les religions orientales. Dans le même temps, le christianisme et bien des sociétés initiatiques occidentales marquaient leur déclin. La contre-culture de la fin des années 60, ayant développé la critique de la civilisation occidentale, a rejeté les idéologies, et favorisé l’effondrement des grandes institutions religieuses. Les Occidentaux, attirés par de nouvelles spiritualités, ont alors cherché le gourou capable de répondre à leur soif spirituelle.

En même temps que l’aboutissement à la sécularisation générale, on a assisté à une réactivation des mouvements sectaires.

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