La liberté d’être fraternel

Pour Anita, ma sœur...

   Notre (sainte ?) République s’établit sur une trinité qu’arborent les frontispices de nos édifices publics : Liberté, égalité, fraternité. On se prend à gloser jusqu’à la nuit sur la liberté, s’égosillant à la défendre, et sur l’égalité, surtout quand on perçoit que la répartition des jouissances et des biens nous a quelque peu oubliés.

Reste la fraternité. Le grand oublié de la devise nationale. A-t-on déjà vu des rassemblements, des défilés, des processions en faveur de la fraternité ? On dirait qu’elle dérange. Ce n’est pourtant ni un vœu pieux, ni un bon sentiment, qui donne bonne conscience. C’est une manière de faire société. 

C’est le christianisme qui a inauguré la fraternité, en reconnaissant que tous les hommes sont frères en regard d’un Dieu-Père. Cette nouveauté dans le monde greco-romain cassait la hiérarchie aristocratique entre les premiers de la classe dans la cité et les moins doués, entre maîtres et esclaves. Aristote disait bien qu’il y a ceux qui sont nés pour commander et ceux qui le sont pour obéir ! Pour les premiers chrétiens, les hommes sont frères, qu’ils soient riches ou démunis, intelligents ou simplets, ça n’a plus d’importance. Voilà la visée universaliste de la morale chrétienne.

Continuer à lire

Pages