Comment va l’Europe, Monsieur ? Pas fort !..

Pour Michèle & Gérard Lévy, avec mon amitié

   C'est souvent qu'est citée la fameuse déclaration de Paul Valéry : “Nous autres, civilisations, nous savons maintenant que nous sommes mortelles”. Cette leçon de l’histoire est illustrée par l’exemple classique de la chute de Rome qui avait amené Augustin à la même conclusion dans La Cité de Dieu. Mais nous éprouvons quelque difficulté à admettre cette loi générale pour l’appliquer à la civilisation de l’Europe moderne. Comment déclarer mortelle notre civilisation dont nous sommes si fiers et qui recueille tout l’héritage de la Grèce, de Rome, du judaïsme et du christianisme, et qui se pose elle-même comme engagée dans un processus de progrès continu ?

Notons que la crise dans laquelle les Européens sont entrés n’est pas conséquente à un envahisseur étranger. Elle est, en revanche, liée à un principe interne de destruction. Malgré les apparences et les illusions bien entretenues, l’Europe moderne est vulnérable, depuis sa sortie de la seconde guerre qui a laissé des cicatrices durables.

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