Philosophie

Crise (de civilisation) : vers un nouvel horizon

Pour Jean d'Alençon, en hommage amical

   L’on entend dire ici et là de notre époque qu’elle est en crise. Qu’entend-on par là ? D’abord que nous faisons le constat d’une rupture avec un temps passé sur lequel on ne reviendra pas, la modernité, ce mouvement qui prolonge la philosophie des Lumières et qui promeut le progrès scientifique, la laïcité, la reconnaissance de la pluralité culturelle et religieuse etc. Mais ce que nous soulignons surtout par là c’est que notre présent s’est délesté de toute idéologie, au point que depuis la chute du mur de Berlin on a coutume de dire que nous sommes entrés dans la post-modernité

Les fondements de notre civilisation, dont les racines ont été, plus particulièrement depuis la Renaissance, posés dès l’Antiquité, ont-ils fait leur temps ? C’est ce que semblent prétendre ceux qui entretiennent le goût morbide pour l’inquiétude. Sans vouloir prétendre faire le bilan de cette civilisation, nous pouvons cependant constater l’impasse à laquelle elle a conduit dans plusieurs domaines et dont nous vivons présentement les premières manifestations fortes, annoncées depuis des décennies. 

Toute action déclenchée par un individu a des effets d’une portée plus ou moins lointaine. C’est bien ce qu’avaient remarqué les Grecs anciens qui entendaient par « jugement immanent » le fait que toute action humaine porte en elle son effet. « Ce que l’homme sème, il le moissonnera », dit saint Paul aux Galates (Ga 6, 7s). 

Pages