Théologie

La conscience moderne s’interroge

Pour Gilles et Mathilde de Baudus, en hommage amical

   Si l’on ne peut concevoir la transmission du langage chrétien sans ré-interprétation créatrice, celle-ci sera nécessairement conditionnée par ce que nous avons considéré comme notre expérience historique. Au cœur de l’histoire présente, nous pouvons discerner un certain nombre de ruptures, brutales autant que récentes, qui appellent la réflexion éthique. Ainsi la mutation numérique, les mutations géopolitique, écologique, la désertification et la déforestation, et par-dessus le marché la révolution génétique, la mainmise sur les mécanismes de la vie, le « transhumanisme », qui voudrait corriger les ratés de la création.

Tous ces bouleversements se présentent comme des « signes de ce temps » qui remettent en question une lecture trop paresseuse de nos textes fondateurs.  

Encore aujourd’hui, on sait à quel genre d’absurdités peut conduire une lecture littérale de la Genèse telle que la pratiquent certains fondamentalistes. Mais il y a d’autres « affaires Galilée » qui n’ont pas encore trouvé leur issue. Au-delà de la Parole de Dieu dont témoignent nos Ecritures-sources, Dieu continue à nous parler à travers les appels de la conscience humaine et des grands événements historiques, scientifiques et culturels de chaque époque. Parmi les signes des temps qui font partie de notre expérience historique, il nous faut distinguer les états de conscience nouveaux de l’homme moderne et les expériences révélatrices ou les indices de transcendance qui sont comme une anticipation d’une donation gratuite venue d’ailleurs.

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